Wohnungswesen

In document Beteiligungsbericht: (Page 148-158)

3.2.1.  Attention  sélective  et  émotion.  

L'attention sélective est la capacité qui nous permet de sélectionner une information qu’on juge pertinente ou non. Cette capacité présente deux mécanismes importants: l’activation de l’information pertinente et l’inhibition des informations distractives (Vivekananth et al., 2013).

L’attention sélective est habituellement divisée en deux types, l’une exogène induite par des stimuli externes à l’individu, et l’autre endogène orientée vers un but (Erickson et al., 2015). Dans l’attention sélective endogène, c’est le sujet qui active volontairement l’action de sélection sur une information donnée. Dans le cadre de l’attention sélective exogène, les mécanismes de l’attention sont mobilisés via un stimulus externe au sujet. Il apparaît que ces deux types d’attention ont des effets à la fois dépendants et interdépendants (Jones et Forster, 2014).

Les connaissances actuelles sur l'architecture de l'attention exogène ont été principalement obtenues par des études utilisant des stimuli neutres (Fuller et Carrasco, 2006 ; Chong et Blake, 2006). Mais, depuis quelques années, des recherches commencent à envisager l’attention exogène comme un outil d'adaptation pour détecter rapidement des événements émotionnellement saillants afin de réorienter les ressources attentionnelles (Moriya et Tanno, 2011 ; Brosch et al., 2011 ; Carretié et al., 2013). Ainsi, les événements émotionnels semblent cruciaux pour une compréhension globale de ce processus. Une revue (Carretié, 2014) s’est attachée à faire état de cinquante-cinq expériences dans lesquelles des distracteurs pertinents, à la fois émotionnels et neutres, étaient présentés. L’auteur s’est concentré sur des stimuli utilisant la modalité visuelle. Les conclusions les plus significatives ont montré que les distracteurs émotionnels étaient davantage capables de capter l'attention exogène que les distracteurs neutres.

Bien que l’influence des émotions sur l’attention de manière involontaire est la plus étudiée, les émotions peuvent permettre également de diriger son attention de manière volontaire (Hopfinger et al., 2000). C’est ce que l’on nomme l’attention endogène. Elle se caractérise par des comportements de recherche, d'anticipation, visant à détecter les sources de menaces potentielles ou de récompenses. Ces comportements ont été mis en lien avec une augmentation du gain de neurones dans l'aire corticale visuelle (Treue et Martinez Trujillo, 1999). Mohanty et Sussman (2013), quant à eux, démontrent que les régions sous-corticales, impliquées dans la détermination de la valeur émotionnelle (amygdale, locus niger), peuvent faciliter les processus attentionnels endogènes mis en œuvre dans les régions frontopariétales et peuvent renforcer l’activation dans les régions sensorielles concernées. Aussi, même si une action peut être faite de bas en haut, la régulation émotionnelle repose sur une activité de haut en bas (figure 7).

En outre, il a été montré que pour comprendre l’action des stimuli émotionnels, il fallait également tenir compte de la façon dont ces effets étaient intégrés, et donc de l’ensemble de la scène et du contexte environnant (Lundqvist et Ohman, 2005).

Figure 7. Représentation de la régulation émotionnelle selon le facteur attentionnel (adaptée de Mohanty et Sussman, 2013).

1) L’information première provient d’une cible attentionnelle et est traitée dans le cortex visuel. 2) L’information émotionnelle traitée par le cortex visuel est analysée par l’amygdale (AMG) et projetée sur le cortex pariétal postérieur (PPC) par le cortex cingulaire postérieur (PCC). D’autre part

l’information spatiale est encodée et projetée depuis le cortex visuel sur le cortex pariétal postérieur. Le cortex pariétal postérieur analyse ainsi à la fois les informations attentionnelles et émotionnellement saillantes pour produire un modèle intégré de haut en bas. Cette figure montre que le traitement de l’information attentionnelle est dépendant du traitement émotionnel préalable de la cible.

3.2.2.  L’attention:  une  question  de  stratégie.  

Si, comme nous l’avons vu précédemment, l’effet des émotions sur la cognition a longtemps été perçu comme délétère, de nombreux scientifiques adoptent actuellement le point de vue selon lequel elles pourraient, à l’inverse, améliorer certains processus cognitifs. Il a ainsi été démontré que l’expression faciale de peur pouvait améliorer l’acquisition sensorielle en élargissant le champ visuel, et en augmentant la vitesse des mouvements oculaires et la quantité d’air inspirée (Susskind et al., 2008).

Il est reconnu que l’état anxieux est source de perturbations cognitives (Vytal et al., 2013), que ce soit au niveau de la mémoire de travail (Lavie et al., 2004), des ressources attentionnelles visuo-spatiales (Shackman et al., 2006), ou de l’action dirigée vers un but (Eysenck et al, 2007). Néanmoins, une anxiété provoquée de manière expérimentale peut améliorer la vigilance et la potentialisation des réponses corticales sensorielles précoces face à des stimuli menaçants (Clarke et Johnstone, 2013 ; Morriss et al.,2013).

La nécessité de réguler ses émotions est fréquente dans la vie quotidienne et est effectuée en utilisant une variété de stratégies cognitives implicites et explicites (Webb et al, 2012). Les stratégies implicites sont involontaires et semblent se produire sans effort. En revanche, les stratégies explicites sont volontaires et exigent un degré de contrôle émotionnel.

En passant en revue les recherches existantes, Todd (2012) et son équipe concluent que l’attention est une composante primordiale des émotions car elle est impliquée dans le processus de régulation émotionnelle.

En effet, et comme nous l’avons vu précédemment, la stratégie explicite la plus communément utilisée pour réguler ses émotions est l’évitement attentionnel et donc le fait de détourner son attention des stimuli riches en émotions (Xing et Isaacowitz, 2006 ; Egloff et al, 2006 ; Ehring et al, 2010). Grupe et Nitschke (2013) ont étudié via l’eyetracking, la psychophysiologie, et l'IRMf, l'évitement visuel chez des patients phobiques. Ils ont montré que les arachnophobes redirigent leur attention endogène afin de réguler leur peur. A l’inverse, les patients atteints de stress post-traumatique portent une attention excessive à des indices émotionnellement saillants, et donc semblent présenter des difficultés de régulation émotionnelle (Wald et al, 2013). De même, chez les autistes, il a été retrouvé une

hyperactivité amygdalienne corrélée à une fixation du regard (Dalton et al., 2005). Il a ainsi été suggéré que le détournement de l’attention pouvait avoir un effet au niveau amygdalien et que les compétences attentionnelles facilitaient le développement d’un processus de non-réactivité émotionnelle (Desbordes et al, 2015). Ce lien, entre l'attention et la diminution de la réactivité aux images émotionnelles, a été soutenue par de nombreuses études (Arch et Craske, 2006) (Ortner, et al., 2007) (Taylor, 2011). Arch et Craske (2006) ont notamment montré que, lorsque les sujets portent attention sur leur respiration, ils déclarent être moins affectés émotionnellement par les images négatives présentées.

3.2.3.  Interaction  entre  attention  et  émotion  dans  la  pathologie.  

Holtmann et son équipe (Holtmann et al, 2013), par le biais de la neuroimagerie fonctionnelle, ont étudié directement l'interférence de l'information émotionnelle sur les processus attentionnels dans les troubles borderline. L’étude de cette pathologie est intéressante dans le sens où elle se caractérise par un désordre de type émotionnel avec une hyperréactivité du ressenti et des déficits dans la régulation des émotions. Les résultats montrent que les patients borderline présentent une réponse atypique de l'amygdale droite et qu’ils ont donc un traitement implicite accru de l'information émotionnelle de valence négative. Il est également mis en évidence un dysfonctionnement au niveau préfrontal et plus spécifiquement du cortex cingulaire antérieur (Brendel et al., 2005 ; Schmahl et Bremner, 2006). Toujours par le biais de l’étude de pathologies de l’émotion, il est associé des biais attentionnels à la menace chez les patients présentant des troubles anxieux. Peers et son équipe (Peers et al, 2013) montrent que les personnes anxieuses sont plus sujettes au clignement attentionnel lors de l’apparition de cibles liées à la menace. Une activation spécifique du cortex préfrontal dorso-latéral (DLPFC) est retrouvée dans le contrôle attentionnel des stimuli menaçants. Ces résultats montrent, de manière plus générale, l'importance d'étudier la variation individuelle dans les mécanismes neuronaux du contrôle attentionnel. Cette variation individuelle est notamment dépendante du gène transporteur de la sérotonine (5-HTTLPR) selon Stollstorff et son équipe (Stollstorff et al, 2013). Ce gène influe sur la réactivité aux stimuli émotionnels et est impliqué dans des états psychopathologiques, comme la dépression et les troubles anxieux. L'allèle court est associé à une réactivité accrue envers une information émotionnelle de valence négative, alors que l'allèle long est associé à une réactivité augmentée envers une information émotionnelle de valence positive. L’étude de Stollstorff montre que le génotype des patients peut influencer le degré auquel les systèmes neuronaux sont engagés. Alors que le

groupe porteur de l’allèle long recrute les régions préfrontales de contrôle lors d’informations à valence positive, le groupe porteur de l’allèle court le recrute lorsque les informations sont de valence positive. En résumé, ces patients engagent avec succès le contrôle cognitif pour surmonter les conflits dans un contexte émotionnel en utilisant un circuit neural similaire, mais l'engagement de ce circuit dépend de la valence émotionnelle et du statut 5-HTTLPR. Ces résultats suggèrent que l'interaction entre l'émotion et la cognition est modulée, en partie, par un polymorphisme génétique qui influe sur la neurotransmission sérotoninergique.

McHugo et al. (2013) montrent quant à eux l’intérêt d’utiliser le clignotement attentionnel pour quantifier la capture de l'attention par les signaux émotionnels. Le clignotement attentionnel émotionnel (EAB) est aussi défini comme la cécité induite par l'émotion. Il se réfère au phénomène selon lequel la brève apparition d'une image, suscitant une émotion saillante, capte l'attention à un point tel que les individus ne peuvent pas détecter les stimuli cibles plusieurs centaines de millisecondes après le stimulus émotionnel. Cette tâche traduit ainsi le temps nécessaire pour se désengager de l’effet émotionnel, et pour recentrer son attention vers un but. Elle permet de détecter l’augmentation de la sensibilité aux stimuli émotionnels dans certains troubles tels que celui du stress post-traumatique (SSPT).

Les données sur les mécanismes neuronaux impliqués dans le clignotement attentionnel restent rares, mais les données actuelles suggèrent que le réseau frontopariétal joue un rôle essentiel. Un tel type de paradigme semble ainsi s’avérer intéressant pour modifier explicitement les biais attentionnels dans le cadre de processus psychopathologiques (Schmidt et al., 2009 ; Hakamata et al, 2010). En effet Bar-Haim et Pine (2013) et son équipe ont montré que la modification de la polarisation de l’attention (ABM) est une thérapie émergente pour les troubles anxieux qui se base sur des modèles cognitifs actuels de l'anxiété, et des données expérimentales établies sur les biais attentionnels liés à la menace. Ils décrivent des éléments de preuves indiquant que l’ABM a le potentiel pour devenir un outil pour améliorer les traitements psychologiques et pharmacologiques actuels de l'anxiété. En accord avec les conclusions de Mac Leod et son équipe (2005), les lacunes des techniques actuellement utilisées et les améliorations à effectuer sont pointées avant que ces techniques ne soient intégrées dans des protocoles de traitement standard.

In document Beteiligungsbericht: (Page 148-158)