Museen und andere Akteure: Vernetzungen, Kooperationen, Modellprojekte

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1.1. La situation macroéconomique

Le Royaume-Uni a fait figure de ‘modèle’ pour un certain nombre de pays européens, au vu de sa performance macro-économique du milieu des années 1990 au début de la crise : croissance régulière, faible taux de chômage (de l’ordre de 5 % de 2001 à 2006), faible inflation. De 1995 à 2007, la croissance a été de 2,95 % par an au Royaume-Uni contre 2,2 % pour la zone euro.

Le niveau de dépenses publiques dans le PIB est nettement plus faible que dans l’UE. Mais le gouvernement du New Labour a fait augmenter la part de l’investissement public dans le PIB : l’investissement net, qui n’était que de 0,7 % du PIB en 1997, est remonté à 2 % du PIB en 2008. De nombreux emplois ont été créés dans le secteur public (notamment dans le secteur de la santé). Le gouvernement a mis en place des politiques ‘actives’ du marché du travail, pour inciter au retour à l’emploi.

Le gouvernement a mis en place un salaire minimum et l’a revalorisé chaque année. Il n’en reste pas moins que de nombreux emplois sont à temps partiel ; que le nombre des personnes dans des dispositifs d’invalidité est resté élevé depuis 1992 : 2,4 millions de personnes bénéficiaient d’une allocation d’incapacité en 2007.

1.2. Le paradoxe britannique : faibles retraites publiques et faible taux

d’épargne des ménages

Le gouvernement a tenté depuis plusieurs années d’inciter les ménages à épargner pour leurs retraites : le taux d’épargne des ménages, qui était de 8,5 % en moyenne de 1987 à 1997, n’a cessé de baisser depuis, jusqu’à devenir nul au début de 2008. Depuis le début de la crise, les ménages britanniques reconstituent leur épargne : leur taux d’épargne était remonté à 8,6 % au troisième trimestre 2009, alors qu’en France il était de 17 % (voir graphique présenté en annexe). Les ménages ont depuis le début de la crise fortement réduit leur consommation (de près de 4 % en volume entre le premier trimestre 2008 et le troisième trimestre 2009). Le taux d’endettement des ménages, qui avait atteint le niveau record de près de 170 % du revenu disponible annuel en 2007, a baissé depuis pour atteindre 152 % du revenu au troisième trimestre 2009. La récession a enclenché un mouvement de rééquilibrage des comptes des ménages…

Graphique 1. Taux d’épargne des ménages (en % du revenu disponible) 

Source : ONS. -2,0 0,0 2,0 4,0 6,0 8,0 10,0 12,0 14,0 87 89 91 1993 1995 1997 99 2001 2003 2005 2007 2009

1.3. La situation démographique

Le Royaume-Uni était au milieu des années 2000 dans une situation plus favorable que la moyenne des pays européens en matière d’évolution démographique.

Le ratio de dépendance démographique était de 24 en 2007 au Royaume-Uni, soit un peu plus faible que dans l’UE-15 (25). Selon les projections d'EUROSTAT, le ratio de dépendance augmenterait jusqu’à 42 en 2060, contre 51 dans l’UE-15 (le ratio passant de 25 à 45 en France). La hausse serait donc nettement plus faible au Royaume-Uni que dans l’UE-15. L’évolution a été révisée à la baisse entre les projections d’EUROSTAT de 2006 et de 2009 (comme dans la plupart des pays).

Tableau 1. Projections des ratios de dépendance (1) 

2010 2020 2040 2050

EUROSTAT 2009 24,7 28,6 36,9 38,0

EUROSTAT 2006 25,1 30,3 43,6 45,0

(1) Population âgée de 65 ans et + /15-64

Source : « Pensions schemes and pensions projections in the EU-27 Member States, 2008-2060 », European

Economy Occasional Papers 56, octobre 2009.

L’espérance de vie à la naissance est plus faible au Royaume-Uni que dans d’autres pays européens : en 2007, elle était de 79,7 ans, au lieu de 81,3 en France et 80,5 dans les pays de la zone euro (tableau 2). Mais la situation diffère pour les hommes et les femmes. Ainsi, l’espérance de vie à la naissance est un peu plus élevée pour les hommes britanniques (77,4 ans en 2008) que pour ceux de l’UE-15 (77,2 ans), alors qu’elle est nettement plus faible chez les femmes (81,6 contre 82,6). Selon les projections de la Commission, l’espérance de vie à la naissance des hommes britanniques augmenterait pour atteindre 85 ans en 2060 (84,8 dans l’UE-15) et 88,9 ans pour les femmes (89,1 dans l’UE-15).

Tableau 2. Espérance de vie à la naissance 

RU France UE-15

1997 2007 1997 2007 1997 2007

77,2 79,7 78,7* 81,3 78,1 80,5**

* 1998, ** 2006.

Source : Commission européenne.

Le Royaume-Uni a l’une des situations les plus favorables d’Europe en termes de natalité, après la France et les pays nordiques. Le taux de fécondité était de 1,84 enfant par femme en 2008 (soit le taux le plus élevé après la France (1,98) et l’Irlande (1,9), au même niveau que la Suède et le Danemark (1,85)), contre 1,64 dans l’UE-15.

Le Royaume-Uni a connu au milieu des années 2000 une augmentation des flux nets d’immigration suite à l’élargissement de l’UE de 2004 (ayant été un des seuls pays à ne mettre aucune restriction à l’entrée des travailleurs des nouveaux pays membres). Les flux

nets migratoires sont passés d’environ 100 000 personnes par an au début des années 2000, à 186 000 de 2004 à 2007. Selon les projections de la Commission européenne, les flux nets migratoires baisseraient de 188 000 personnes par an en 2008 (0,3 % de la population) à 126 000 en 2050 (0,2 %). Les projections de la Commission pour le Royaume-Uni sont plus modestes, mais probablement plus réalistes que celles que l’ONS avaient publiées en 2006, qui projetaient la poursuite de flux migratoires de 190 000 personnes par an jusqu’en 2050.

1.4. Les évolutions du marché du travail

Le Royaume-Uni était dans une situation favorable en termes de chômage, d’emploi des femmes et des seniors au milieu des années 2000. Le taux de chômage n’était que de 4,5 % au milieu des années 2000, alors qu’il avait dépassé 10 % lors des récessions du début des années 1980 et 1990 (graphique 2).

Graphique 2. Taux de chômage 

0 2 4 6 8 10 12 14 72 74 76 78 80 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 Source : ONS.

Le taux d’emploi des personnes en âge de travailler était proche de 75 % au milieu des années 2000, soit un niveau proche de celui des années 1970, mais avec un taux d’emploi nettement plus bas chez les hommes et plus élevé chez les femmes (graphique 3a) : 80 % pour les hommes et 70 % pour les femmes. La tendance à la hausse du taux d’emploi de l’ensemble des femmes en âge de travailler s’est cependant pratiquement stabilisée au milieu des années 2000.

Au début de la crise, au premier trimestre 2008, le taux d’emploi était selon les données

d’EUROSTAT de71,6 % au Royaume-Uni, soit le quatrième taux le plus élevé de l’UE après

le Danemark (77,0 %), les Pays-Bas (76,4 %) et la Suède (73,3 %), nettement au dessus de la moyenne de l’UE (65,5 %).

Le taux d’emploi des seniors (considéré ici au sens de l’ONS, c’est-à-dire âgés de 50 à 59 ans pour les femmes et 50 à 64 pour les hommes) a augmenté régulièrement depuis le début des années 1990, particulièrement chez les femmes (graphique 3b). Au début de la crise, il avait atteint 72 %, soit 73,4 % pour les hommes et 70,2 % pour les femmes. Le taux d’emploi des femmes âgées de 50 à 64 ans était alors devenu légèrement supérieur à celui des femmes de 16 à 59 ans.

Graphique 3a. Taux d’emploi des 16‐64/59 ans 

50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 1971 Q1 1973 Q1 1975 Q1 1977 Q1 1979 Q1 1981 Q1 1983 Q1 1985 Q1 1987 Q1 1989 Q1 1991 Q1 1993 Q1 1995 Q1 1997 Q1 1999 Q1 2001 Q1 2003 Q1 2005 Q1 2007 Q1 2009 Q1 Total Hommes Femmes

Graphique 3b. Taux d’emploi des 50/64‐59 ans 

50 55 60 65 70 75 1992Q1 1993Q1 1994Q1 1995Q1 1996Q1 1997Q1 1998Q1 1999Q1 2000Q1 2001Q1 2002Q1 2003Q1 2004Q1 2005Q1 2006Q1 2007Q1 2008Q1 2009Q1 Total Hommes Femmes Source : ONS.

En 2008, le taux d’emploi des 54-65 ans était de 58 %, ce qui plaçait le Royaume-Uni à la 2ème place en Europe derrière la Suède. Le taux de chômage des 54-65 ans était très bas (3,1 %). L’âge effectif de fin d’activité était selon Eurostat en 2008 de 63,1 années, soit 62 ans pour les femmes et 64,1 pour les hommes.

1.5. Les dépenses de retraite dans le PIB et niveau de vie relatif des retraités

Le système public de retraites au Royaume-Uni est l’un des moins généreux de tous les pays de l’OCDE. La part des dépenses publiques dans le PIB n’était que de 6,6 % en 2007, 9,3 dans l’UE-15). Elle serait de 9,3 en 2060 (12,6 dans l’UE-15, selon AWG, 2009). Toutefois, selon Eurostat, la part des pensions de retraites (y compris les pensions privées) représenterait 11,2 % du PIB.

Selon Eurostat, le taux de remplacement agrégé, qui compare la pension des 65/74

ans/salaires des 50-59 ans, est de 41 % au Royaume-Uni contre 49 % dans l’UE15.

Le ratio du revenu médian des plus de 65 ans/moins de 65 ans a baissé de 0,75 à 0,71 entre 1997 et 2008. Il est inférieur de 13 points à celui de l’UE-15 (0,87 en 1997, 0,84 en 2008).

Selon les projections de la Commission, le taux de remplacement, qui compare la pension publique moyenne au salaire moyen, est au Royaume-Uni un des plus faibles de l’UE-15, devant l’Irlande (34,6 % seulement en 2007 contre 63,3 % en France), et n’augmenterait que légèrement : +3,5 points d’ici 2050.

Tableau 3. Taux de remplacement 

2007 2050 2050/2007

Royaume-Uni 34,6 35,8 3,5

France 63,3 48,3 -23,7

Source : Commission européenne.

Le taux de pauvreté des plus de 65 ans était de 30 % en 2008 au Royaume-Uni contre 21 % dans l’UE15, et il a augmenté plus rapidement que dans l’UE-15 depuis 1997 (tableau 4). Le taux de pauvreté des femmes est nettement plus élevé que celui des hommes : en 2008, il était de 30 % chez les femmes de plus de 60 ans, 25 chez les hommes.

Tableau 4. Taux de pauvreté 

1997 2008

Taux de pauvreté des plus de 65 ans

Royaume-Uni 25,0 30,0

UE-15 18,0 20,0

Taux de pauvreté des plus de 60 ans, - 27,0

Royaume-Uni

Femmes 30,0

Hommes - 25,0

Femmes - 20,0

Hommes - 15,0

Source : EUROSTAT.

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